Publié : 25 février 2014

Lucette, une leçon de courage

Dans le cadre de leur programme d’Histoire, les cent cinquante élèves des classes de 3e ont accueilli mardi 18 février 2014 une des dernières voix de la Résistance euroise en la personne de Pierrette GREFFIER, invitée remarquable et exemplaire de par son parcours.

Aujourd’hui âgée de 93 ans, Pierrette Greffier est l’une des dernières résistantes à pouvoir témoigner de ce qu’était la vie sous l’Occupation. Née en 1921 dans le Loiret, elle fut élève de l’école normale d’Évreux en 1939. En 1940, quand la maison familiale est investie de force avec fouille systématique, prise de possession des lits, par l’armée allemande, elle se demande comment nuire à l’occupant et se venger. Se pliant aux exigences des restrictions, du couvre-feu, de la presse de Vichy et découvrant les arrestations pour délits d’opinions, Pierrette Greffier décide d’entrer en résistance.

Francs Tireurs et Partisans Français

Pierrette Greffier commence dans la clandestinité auprès de Robert Leblanc à Saint-Étienne l’Allier – village dont elle est l’institutrice –, en dessinant des « V » sur les murs, en lacérant les affiches de propagande, retournant les panneaux routiers allemands. Mais cela ne lui suffit évidemment pas, elle rejoint le mouvement des Francs Tireurs et Partisans Français (FTPF), et prend alors le pseudonyme de Lucette au sein du réseau Maquis Félicité de Saint-Siméon, entre Lieurey et Pont-Audemer. Elle devient agent de liaison, et si les sabotages reviennent en priorité aux hommes, son travail concerne la transmission des plis confidentiels, surtout de nuit, car le lendemain matin son métier d’institutrice l’attend. Certains plis doivent être appris par cœur, elle apprend à se taire, s’initie aux armes et porte un revolver.

S’ajoutant au port des messages qu’elle effectue parfois jusque Vernon – à la villa « Ma Campagne », route de Pressagny –, elle transportera des armes devant servir au débarquement. Un dépôt de munitions lui fut confié, elle accompagna des personnalités pour leur sécurité et participa au vol des tickets de pain pour les remettre aux familles nombreuses ; s’ajouta à cela la fabrication de fausses cartes d’identité. En février 1944, sa mission se poursuit à Paris, beaucoup de résistants et de mouchards s’y retrouvent, il faut se méfier des filatures, les échanges se font souvent à la sortie du métro.

Elle tombe ainsi un jour sur une rafle et évite de justesse l’arrestation, d’autres n’y échapperont pas. Elle rentre ensuite dans l’Eure, attachée au « maquis Félicité » où sont intégrés des parachutistes anglais, des soldats italiens et un Russe évadé de l’armée allemande. Au moment du débarquement, son maquis rentre en lutte contre l’occupant avec le « maquis Surcouf » et beaucoup de ses camarades tombèrent sous les balles allemandes. Après avoir piloté dans Vernon un gradé - dont elle apprendra plus le nom : le maréchal Montgomery - en reconnaissance des positions allemandes, elle participe aux trois jours de bataille de la libération de Vernon.

Une leçon de courage

La guerre étant finie, elle retourna à Évreux où elle reprit son métier d’institutrice. Elle est titulaire de la croix de guerre et citation, médaille militaire et légion d’honneur.
Merci à « Lucette » de nous avoir fait part de son témoignage.

Paris-Normandie, 21 février 2014 {JPEG}

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