Par : V. PICINI
Publié : 12 octobre 2015

Visite au musée - 1er octobre 2015 avec les 3èmes

.... Pour la préparation d’histoire des Arts

Nous avons eu la chance de rencontrer le 1er octobre dernier l’œuvre d’un grand artiste qui a révolutionné les langages de l’art de la seconde moitié de siècle : Jacques Villeglé, exposé ces derniers mois au Centre Georges Pompidou à Paris.
Une visite aussi colorée qu’intéressante et sympathique. Un beau moment.
Et une bonne préparation pour l’Histoire des Arts ...

JACQUES VILLEGLE Affiche et Alphabet 1956/2013

L’homme …
Né le 27 mars 1926 à Quimper, est un plasticien et un peintre français.
Jacques Villeglé étudie la peinture et le dessin à l’école des Beaux-Arts de Rennes.
Insatisfait par ses études aux Beaux-Arts (peinture puis sculpture), autant que par les peintures exposées dans les galeries, il s’intéressera plutôt à l’architecture, l’urbanisme.
Un rencontre importante dans sa vie artistique : Raymond Hains peintre et plasticien du même âge, breton aussi ; 1949 Lorsque les deux hommes ont un peu plus de 20 ans, près du restaurant la Coupole à Paris, Villeglé arrache un large pan d’affiches lacérées, et Hains imagine en faire le matériau de construction d’une nouvelle tapisserie de Bayeux.
Cest là que tout commence.

Contexte Historique et artistique ….
Période d’après- guerre (seconde Guerre Mondiale), les jeunes peintres de l’époque se retrouvent dans les débris d’un monde ancien, et ne peuvent plus avoir le même regard sur la vie et même sur la création compte tenu des horreurs et de la destruction vécus. De ce monde que l’on doit reconstruire.
Cette période sera donc la floraison de nouveaux courants artistiques.
LE NOUVEAU RÉALISME : Le groupe des Nouveaux Réalistes est fondé en 1960 par le peintre Yves Klein et le critique d’art Pierre Restany à l’occasion de la première exposition collective d’un groupe d’artistes français et suisses à la galerie Apollinaire de Milan. Contemporain du Pop Art américain, dont il est souvent présenté comme la version française, le Nouveau Réalisme incarne, avec Fluxus, l’une des nombreuses tendances de l’avant-garde dans les années 1960. Il est dissous en 1970.
Ils prennent position pour un retour à la réalité, en opposition avec le lyrisme de la peinture abstraite de cette époque2 mais sans tomber dans le piège de la figuration, connotée (au choix) petite-bourgeoise ou stalinienne, et préconisent l’utilisation d’objets prélevés dans la réalité de leur temps, à l’image des ready-made de Marcel Duchamp. Ces conceptions s’incarnent notamment dans un art de l’assemblage et de l’accumulation d’éléments empruntés à la réalité quotidienne : accumulations d’objets par Arman et Deschamps, affiches de cinéma lacérées par Jacques Villeglé...

Sa démarche ….
Créer des œuvres à partir d’affiches lacérées par des passants anonymes, ou abîmées par les conditions climatiques en les décollant de leur support dans la rue. Après avoir découpé et décollé les affiches et les avoir choisies, il les recompose, les superpose, les recadre, les maroufle sur toile et les signe. L’enjeu est bien de faire une œuvre populaire avec ces affiches de rue « reflets de la culture dominante ». Cette superposition de principales parties d’affiches révèle une infinité d’associations et de nouvelles significations.
« S’approprie les images issues de la rue pour les faire rentrer dans le champ de l’art »
« Importance du cadrage » Chaque œuvre témoigne du point de vue déterminant de l’auteur, qui, comme le photographe, cadre sa prise de vue, crée l’objet et décide de l’effet produit sur le spectateur.
« Altérations du temps, et les intempéries sur le papier, les couches superposées, les différentes épaisseurs…. font des affiche un matériel particulièrement intéressant pour créer de nouvelles œuvres »
« Faire de grandes peintures abstraites sans toucher un pinceau »
« Réalité de la société (ici la rue) intégrée dans l’œuvre d’art »
Cette démarche durera un demi-siècle.
Signe son œuvre « Lacéré Anonyme »

Lacérés anonymes des années 50-60 sont plutôt de grands monochromes. Plus tard, les cadrages insistent sur l’irruption de la société de consommation et des objets. Dans les années 70 -80 témoignent des âpres débats politiques.

JACQUES VILLEGLE, ALPHABETS ….

Alphabet 1994
Création d’un alphabet socio-politique qui devient dès les années 1990 la seconde orientation du travail de Villeglé.
Tout comme l’affiche, il s’agit d’un prélèvement d’un objet de la rue, d’un signe. Mais contrairement aux morceaux d’affiches que l’artiste laissait en l’état, là il va intervenir et transformer à sa façon les lettres en y rajoutant des symboles.
Ex : le A devient le A de Anarchie/ ou l’hexagramme du judaïsme.
Le D adopte la croix et le cercle du mouvement Occident. ( Idéologie politique raciste des années 1960)
Le L s’accapare le signe de la livre sterling
Le T s’accapare le signe du Golgota (colline située dans l’Antiquité à l’extérieur de Jérusalem, sur laquelle les Romains crucifiaient les condamnés)
Le Y s’accapare le signe du yen.
On retrouve aussi Le croissant à l’étoile de l’Islam.
La faucille et le marteau
Les symboles féminins et masculins
Le trident du dieu de la mer
La croix du Christianisme, etc…

« En relevant les signes qui, en un passé proche ont été les symboles de forces étatiques, forces idéologiques, tyranniques, destructrices, je ne réveille pas plus la haine que je la banalise. Tout au plus, je secoue les ensommeillés, ceux qui refusent de regarder l’histoire en face . »
« Je me disais qu’au départ, je me servirais de mon alphabet socio-politique pour communiquer brièvement avec les autres »

Écritures de planches, sur lesquelles se trouvent des messages, des citations reprises et réécrites avec le nouvel alphabet.

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